Fri Jan 30 2026
XL2, développeur bien connu de la scène homebrew Saturn pour son travail sur Sonic Z-Treme, vient de réaliser un exploit technique impressionnant : implémenter du ray tracing sur la Sega Saturn. Si ce terme évoque aujourd'hui les cartes graphiques les plus puissantes du marché avec les GeForce RTX de Nvidia, son application sur une console de 1994 relève d'une ingéniosité mathématique bluffante.
Le ray tracing est une technique graphique qui simule le trajet de la lumière pour créer des ombres et des reflets réalistes. Sur les PC modernes, cela demande une puissance de calcul énorme. Alors comment faire sur une console de 1994 ? XL2 a trouvé une astuce : au lieu de calculer la lumière pour chaque pixel de l'écran (ce qui serait impossible), il ne la calcule que pour les coins des objets 3D.
Pour optimiser encore plus, il utilise une technique appelée BSP qui découpe l'environnement en zones. Imaginez un plan du niveau découpé en sections : le processeur peut rapidement vérifier si un rayon de lumière est bloqué par un mur ou un objet. Si c'est le cas, la zone est dans l'ombre. Simple et efficace !
Pour que le jeu reste fluide, XL2 ne calcule pas tous les coins en même temps. À chaque image affichée, seul un quart des coins est recalculé. Pour éviter que les ombres ne clignotent de façon désagréable, la transition entre lumière et ombre se fait en douceur, progressivement.
Le résultat en vidéo est bluffant : la lumière réagit en temps réel, notamment quand on tire des coups de feu qui illuminent brièvement l'environnement. Pour l'instant, les ennemis qui se déplacent ne projettent pas encore d'ombres, mais la base technique fonctionne déjà très bien.
Cette démonstration prouve que la Sega Saturn cache encore des capacités insoupçonnées. Ses deux processeurs, souvent mal utilisés par les développeurs de l'époque, peuvent accomplir des prouesses graphiques quand on sait les programmer correctement.
Cette expérimentation montre une fois de plus que les consoles rétro ont encore beaucoup de secrets à révéler entre les mains de développeurs passionnés.
Sources: Le Mag MO5 / Retrogamer